L’alimentation du cheval âgé

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La vie auprès des chevaux induit, par la force des choses, le fait de voir son compagnon vieillir. Le vieillissement de nos équidés, bien que totalement naturel, s’accompagne de nombreux changements physiologiques, qui impactent directement leur alimentation et leur organisme. Digestion ralentie, dents usées, baisse de la masse musculaire sont autant de facteurs qui rendent l’état de santé du cheval senior plus délicat à maintenir.

Par conséquent, savoir adapter la ration de son cheval âgé n’est pas seulement une question de confort : c’est une vraie nécessité afin de préserver au mieux sa santé et sa vitalité au quotidien, pour lui offrir une retraite heureuse et la plus longue possible.

Dans cet article, nous verrons les raisons pour lesquelles les besoins nutritionnels évoluent avec l’âge, comment ajuster les rations et quelles sont les solutions à privilégier et les bonnes pratiques à adopter lorsque notre compagnon vieillit.

Pourquoi les besoins du cheval changent avec l’âge ?

Le vieillissement est un processus naturel qui touche tous les organismes vivants, et le cheval n’y échappe bien évidemment pas. Au fil du temps, son métabolisme, son système digestif et son état physique évoluent en modifiant intrinsèquement ses besoins en matière d’alimentation

Un organisme moins adaptatif

Le cheval âgé digère moins efficacement : en effet son système digestif perd une partie de sa capacité à absorber les nutriments essentiels. On peut observer un ralentissement du péristaltisme intestinal, mais aussi un vieillissement du microbiote, bactéries indispensables pour permettre une assimilation adéquate des nutriments, et participant également au bon fonctionnement du système immunitaire de l’animal. Le parasitisme ainsi que certaines pathologies peuvent aussi affecter le système digestif.

Ainsi, les fibres sont moins efficaces, les protéines sont plus difficilement absorbées et peu à peu ses réserves énergétiques s’épuisent. Cela peut entraîner à la longue une perte d’état ou de masse musculaire, même lorsque la ration semble suffisante. La fonte musculaire chez le cheval vieillissant est très souvent liée à la baisse d’activité. Cependant, dans certains cas, comme dans celui d’un animal atteint de la maladie de Cushing, cette fonte va être d’autant plus rapide.

Des besoins énergétiques différents

Par ailleurs, avec l’âge, les chevaux travaillent moins, et on estime souvent à tort que cela diminue leurs besoins énergétiques. Pourtant, certains équidés âgés dépensent plus d’énergie que les plus jeunes, notamment pour compenser une digestion plus difficile, ou pour maintenir une température corporelle idéale. D’ailleurs, en vieillissant, le cheval a également plus de mal à se thermoréguler : il souffre davantage de la chaleur en été, et a besoin d’avoir plus d’apport en hiver. Le plus délicat en tant que propriétaire est donc de trouver le juste équilibre entre apport calorique et dépense énergétique.

L’immunité du cheval âgé

Il est important d’être conscient que le système immunitaire du cheval fonctionne aussi moins efficacement avec l’âge. L’altération des cellules immunitaires (immunosénescence) couplée au vieillissement général de l’organisme de l’animal, vont avoir un impact sur sa capacité à réagir face aux maladies.

L’équidé senior résiste donc moins bien aux infections, aux parasites, et est plus sensible lors des changements de saison. En prenant de l’âge, il arrive fréquemment que le cheval ait aussi plus de difficultés de régulation du sucre et des graisses, ce qui peut avoir des répercussions sur le système métabolique. L’alimentation doit par conséquent venir en support des fonctions vitales en apportant des antioxydants, des vitamines et des minéraux qui deviennent indispensables pour permettre à l’individu de rester en forme.

La prévention nutritionnelle

Dès les premiers signes de vieillissement, avoir recours à une nourriture adaptée peut permettre de ralentir ces effets. Il ne s’agit pas d’attendre que son compagnon montre des signaux de faiblesse ou perde du poids, mais d’anticiper. En ajustant progressivement l’alimentation de son cheval, en surveillant son état corporel et en consultant son vétérinaire régulièrement, il est possible d’accompagner son animal durant cette étape importante de sa vie.

Les dents du cheval âgé

Si l’alimentation du cheval âgé doit être repensée, c’est également car sa bouche et ses dents changent et évoluent avec le temps. La dentition joue un rôle essentiel dans la mastication, et est la toute première étape de la digestion. Aussi, toute gêne à ce niveau se répercute très vite sur l’état général du cheval.

L’usure dentaire, un phénomène inévitable

Les dents du cheval sont hypsodontes : elles poussent et s’usent tout au long de sa vie. Cependant, à partir d’un certain âge, souvent autour de 18 à 20 ans, ce mécanisme s’essouffle. Petit à petit, certaines dents (notamment les molaires) deviennent plus courtes, parfois irrégulières et finissent par tomber. Cela entraîne une mastication incomplète et l’animal ne parvient plus à broyer de façon efficace son alimentation, et en particulier le fourrage. Cela nuit donc directement à la digestion et à l’assimilation des nutriments. On observe également au fil du temps un changement de l’angle des dents du cheval.

De plus, des irrégularités dentaires (comme les surdents ou les crochets) peuvent aussi causer des blessures dans la bouche, rendant la mastication douloureuse. Le cheval finit alors par manger plus lentement, voire par refuser certains aliments.

Reconnaître les signes d’un problème dentaire chez le cheval âgé

Certains signes doivent alerter le propriétaire quant à un potentiel problème dentaire. C’est par exemple le cas :

  • Du cheval qui recrache sa nourriture en sorte d’amas de foin mâchouillés,
  • De l’animal qui perd du poids malgré une ration qui semble correcte,
  • De celui qui salive excessivement,
  • Ou encore s’il secoue la tête, refuse le mors ou manifeste de l’inconfort.

Un suivi régulier

Un examen annuel par un dentiste équin est essentiel afin de s’assurer du bon état des dents de votre équidé, même s’il ne présente pas de symptômes évidents. Une simple surdent peut en effet suffire à perturber toute la mécanique, et donc créer des difficultés digestives. En observant l’état de sa bouche et en procédant aux soins nécessaires, le dentiste équin pourra vous alerter quant à un éventuel problème dentaire important et vous donner des conseils plus spécifiques.

S’il mentionne notamment le fait que votre compagnon âgé a perdu certaines dents, il peut alors être nécessaire d’adapter radicalement la ration et sa texture. Certains aliments seniors, ou des mashs riches en fibres sont une alternative très intéressante pour permettre une ingestion sans effort et garantir une bonne assimilation des nutriments.

Par ailleurs, tremper le foin, ou remplacer une partie du fourrage à longues fibres par des bouchons de luzerne ou des granulés de foin à réhydrater peut faciliter grandement la vie du cheval âgé.

N’oubliez pas que les dents et la bouche font partie intégrante du système digestif, et jouent un rôle majeur dans la digestion du repas. La mastication a aussi un impact sur la lubrification des aliments et le maintien d’un pH gastrique équilibré et performant.

Adapter la ration du cheval senior

Chaque cheval vieillit différemment, et si certains individus conservent une excellente condition jusqu’à plus de 25 ans, d’autres peuvent montrer des signes de vieillesse bien avant. Quoi qu’il en soit, l’âge s’accompagne de différents changements métaboliques qu’il faut savoir anticiper. Alors, adapter la ration de son compagnon permet de répondre à ces nouveaux besoins tout en évitant les carences et les excès.

Des besoins énergétiques différents

En vieillissant, on réduit très souvent le travail de son cheval, et on a tendance à baisser également l’apport nutritionnel. Pourtant, son organisme nécessite de maintenir un apport énergétique important, et ce d’autant plus lorsqu’on lui offre une (pré)-retraite au pré.

Il est donc essentiel de trouver l’équilibre entre un risque de sous-alimentation pouvant entraîner amaigrissement, fonte musculaire et baisse d’immunité, et suralimentation qui peut occasionner du surpoids, ainsi que des troubles métaboliques.

De ce fait, les fibres digestibles telles que le foin de bonne qualité, constituent la base d’une ration adaptée. Ces fibres vont permettre d’apporter de l’énergie, des protéines (matières azotées digestibles) et des nutriments, mais aussi de soutenir le transit intestinal et l’équilibre digestif.

Afin de conserver son état, il est possible d’opter pour une source de fourrage aux qualités nutritionnelles plus importantes, comme c’est le cas de la luzerne.

On peut également lui donner en complément des aliments complets spécifiquement élaborés pour les équidés seniors.

Par ailleurs, il est préférable d’assurer un apport en vitamines E et C afin de soutenir le système immunitaire, et de veiller à le complémenter en minéraux. Il est possible d’opter pour l’utilisation dans la ration de CMV (complément minéral et vitaminé), en cure ou quotidiennement selon les besoins.

Attention à l’hydratation

Comme tous les animaux, les équidés vieillissants ont tendance à moins boire. Or, une mauvaise hydratation peut avoir des conséquences particulièrement impactantes pour son état de santé, en favorisant notamment les coliques.

Afin de stimuler l’hydratation, il est possible de proposer de l’eau tiédie en hiver, d’ajouter un complément en électrolytes à l’eau de boisson ou de donner de la nourriture réhydratée en guise de ration.

Les bouchons de foin sont, par exemple, fortement appréciés par les chevaux et notamment par les individus les plus vieux, car ils sont souvent très appétents, et bien plus faciles à manger. Il est envisageable de rajouter à cette ration de foin humide d’autres types d’ingrédients, comme un aliment complet fibreux, ou encore de la pulpe de betterave afin de fournir un repas lui offrant un taux d’humidité important, et couvrant l’essentiel de ses besoins nutritionnels.

Bien sûr l’alimentation et la constitution de la ration d’un équidé vieillissant ne constituent pas une science exacte, et il est primordial de complémenter selon ses besoins et capacités. Chaque cheval réagit différemment, en fonction de son état de santé, de l’état de ses dents ainsi que de son mode de vie. Surveillez toujours son poids, son poil, son appétit et ses crottins, et n’hésitez pas à en parler avec votre vétérinaire.

Quelles solutions d’alimentation pour mon cheval âgé ?

Le foin reste un incontournable de l’alimentation équine. Il est cependant important de fournir à votre cheval âgé un fourrage de bonne qualité, vert, sec et surtout sans poussières. N’oubliez pas qu’un foin trop dur ou fibreux sera d’autant plus délicat à mâcher.

Il est possible de le tremper, ou de le remplacer tout ou partie par des bouchons de foin à réhydrater ou des fibres hachées si tant est que votre animal ait vraiment des difficultés à mastiquer.

Compléter l’alimentation de son cheval avec un complexe « senior » permet également de répondre à des besoins très spécifiques, et notamment de contribuer à l’apport en vitamines et minéraux. Selon la gamme, on peut le coupler à un mash, appétant et surtout très hydratant, afin de fournir une source d’énergie douce, et de soutenir son système digestif.

Astuces et bonnes pratiques

Au-delà même de l’alimentation, le bien-être et la longévité du cheval senior reposent sur une surveillance attentive et de bonnes habitudes. À cet âge, même de petits ajustements au quotidien peuvent faire toute la différence pour préserver à la fois sa santé, mais aussi son moral.

  • Pensez à observer fréquemment son état corporel, en s’attardant en particulier sur la ligne du dos, les côtes, le poil. À l’aide d’un ruban de mesure, n’hésitez pas à contrôler périodiquement son poids et de noter vos observations et remarques. En cas de perte rapide, un examen vétérinaire s’impose.
  • Fractionnez ses repas pour encourager l’assimilation et limiter les pics d’acidité dans l’estomac. La régularité des horaires est également importante, afin de réduire toute source de stress et améliorer l’appétit.
  • Favorisez la vie sociale et l’extérieur, en permettant à votre vieux cheval de vivre en groupe et de bouger librement, pour stimuler aussi son système digestif et renforcer en douceur sa musculature.

Enfin, continuez les rappels de vaccination, le protocole de vermifugation, et  faites des contrôles vétérinaires réguliers pour faire face aux éventuels problèmes de santé.

Activité a faire à pied avec son cheval

5 exercices à pied à faire avec mon cheval

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Les cavaliers oublient quelques fois l’importance que peut avoir le travail à pied, que ce soit dans la relation qu’ils entretiennent avec leur cheval, mais également dans l’épanouissement de celui-ci. Cela permet en effet de travailler d’une manière différente et peut faciliter certains apprentissages ou progressions, notamment pour reprendre confiance en son animal à la suite d’une chute.

Mais cela va aussi diversifier les activités proposées et éviter à votre compagnon de s’ennuyer. Voici donc quelques idées d’exercices à faire, avec peu de matériel et ce, quel que soit votre niveau et celui de votre équidé !

Avant de commencer

En premier lieu, privilégiez toujours de pratiquer dans une zone sécurisée pour vous et votre cheval : choisissez un endroit qui vous permettra de travailler sans risques, comme une carrière ou un rond de longe par exemple, ou tout autre lieu clos parfait pour pratiquer des jeux à pied.

Vous pouvez également faire cette activité dans le pré de votre animal, cependant il est préférable de sélectionner un lieu dédié au travail afin qu’il différencie les deux endroits, d’autant plus s’il est jeune ou novice.

Premiers exercices

Marcher en longe 

Le respect du cheval à pied est un élément fondamental dans l’équitation. Aussi, un exercice intéressant consiste tout bonnement au travail au sol avec une longe courte (2m).

Le premier que vous pouvez faire avec votre animal est donc une simple marche en longe. Vous pouvez faire travailler votre équidé en lui apprenant à rester à sa place lorsque vous marchez à côté de lui : celui-ci ne doit ni vous dépasser ni se trainer derrière vous.

Marchez, tout en faisant varier votre vitesse de progression : ralentissez, puis accélérez, au pas, ou au trot. Ne tournez pas en rond, mais au contraire faites des changements de direction, des arrêts. Ainsi votre compagnon sera dans l’obligation d’être attentif à ce que vous faites et l’exercice ne sera pas inintéressant pour lui.

Cette marche en longe que l’on pourrait qualifier d’ « active » permet d’obtenir l’attention de votre monture, d’apprendre à le gérer en douceur, et de lui rappeler quelques règles de base de l’éducation d’un cheval.

Céder à la pression : obtenir la flexion d’encolure

Un autre exercice intéressant à pied est de voir la façon dont réagit votre cheval et notamment s’il sait céder à la pression. Si l’on peut faire de nombreuses activités sur ce concept, l’un des fondamentaux consiste en la flexion d’encolure, qui permet de sensibiliser le cheval à la rêne d’arrêt d’urgence lorsqu’il est monté.

Pour demander la flexion d’encolure à votre animal, mettez-vous à hauteur de son garrot et venez tirer la longe vers son encolure. Celui-ci doit spontanément tourner son nez en direction de ce point, en pliant son cou.

Bien sûr, comme pour tout exercice de pression, il est essentiel de bien comprendre que si l’équidé exprime le bon mouvement, la pression est alors inutile : il faut la relâcher immédiatement, et surtout le féliciter lorsqu’il réussit.

Activités à pied avec son cheval : pourquoi ne pas essayer le travail en liberté ?

Le travail en liberté permet de s’affranchir de l’aide d’une longe pour se faire comprendre de son animal. Il est stimulant pour le cheval, car celui-ci va devoir être très attentif à vos demandes, mais il est surtout passionnant pour le cavalier, qui va devoir capter l’intérêt et communiquer avec sa monture sans accessoires.

Pour travailler votre cheval en liberté, vous devrez être vigilent quant aux signaux qu’il vous envoie, et trouver une astuce pour valoriser les bons comportements. Cela peut être par un encouragement vocal, une caresse, une friandise ou le recours au clicker par exemple. Le tout est de trouver une réponse pertinente que votre compagnon assimilera rapidement comme une récompense.

Apprendre à obtenir un contact visuel

Le premier exercice en liberté est d’apprendre à obtenir le contact visuel avec votre animal. Celui-ci doit être connecté avec vous, vous regarder, ou que ses oreilles soient pointées dans votre direction.

Pour ce faire, appelez-le par son nom, et félicitez immédiatement dès lors qu’il se focalise sur vous. Cela vous permettra d’apprendre à observer votre cheval et à décrypter ses réactions, même les plus insignifiantes. Prêtez attention à la position de ses oreilles, de sa tête, ou encore de ses naseaux, et à son allure en général. Attention cependant, il peut aussi vite se lasser de cet exercice.

Marcher avec son cheval en liberté

Lorsque vous avez toute son attention ou que vous savez la repérer, marchez aux côtés de votre animal, au même titre que dans l’activité à la longe, en variant les allures, les directions. N’oubliez pas de lui donner l’ordre d’avancer comme « marche » ou encore « le pas », afin qu’il assimile ce que vous lui demandez à un ordre vocal.  Ensuite, penser bien à féliciter votre cheval quand il réussit ce que vous lui demandez, et à garder la connexion tout au long de l’exercice.

L’immobilité en liberté

Vous pouvez également travailler l’immobilité en liberté. Pour ce faire, commencez par demander l’arrêt à votre animal, puis récompensez-le. Vous devrez ensuite vous éloigner de lui sans qu’il ne bouge.

Bien sûr, il n’est pas nécessaire au début de partir loin, faites simplement un pas en arrière.

  • S’il avance vers vous ou sort de l’immobilité, alors, faites-le reculer sans un mot et surtout sans le féliciter, demandez-lui l’arrêt et récompensez cette étape validée, puis renouvelez l’expérience.
  • Si votre cheval reste immobile lorsque vous vous êtes écarté, attendez une seconde, rapprochez vous de lui et offrez-lui une récompense pour marquer ce bon comportement.

Petit à petit, vous pourrez vous éloigner davantage.

Conclusion

N’oubliez pas que tout travail (et encore plus le travail en liberté), se fait par toutes petites étapes et que rien ne sert de passer à la suivante si la première n’est pas acquise. Par ailleurs, ces activités, qui peuvent pourtant sembler anodines, permettent de créer un lien un peu différent avec son animal, et aussi de lui proposer d’autres types d’exercices afin de ne pas le blaser.